Gad et Jamel : un duo de folie au Comedy Club

Gad Elmaleh et Jamel Debbouze sont montés ensemble jeudi soir sur les planches du Comedy Club, rejoints par Elie Semoun en guest-star. Du Moyen-Orient à la religion en passant par les amours de Gad pour miss Drucker, les trois humoristes, sans limites, s’en sont donné à cœur joie. VIDEO EN +

Jamel Debbouze a sorti l’artillerie lourde jeudi soir au Comedy Club, boulevard Bonne Nouvelle, à Paris. Je n’ai jamais autant ri depuis « Rabbi Jacob ». En ouverture, le jeune Malik Benthala a mis la salle dans de bonnes dispositions avec toutes ses histoires. Il est moitié marocain, moitié algérien, rien que ça, ça m’a fait rire. Ce talent de 21 ans, déniché par le Comedy blog, euh… pardon, le Comedy club, a fait un joli passage sur un truc qui n’existe pas : la liberté d’expression au Maroc et en Algérie à l’époque d’Hassan II.

Arrivent ensuite les monstres : Jamel Debbouze et Gad Elmaleh. Réunis sur scène, ces deux-là sont capables de tout. Un régal d’improvisation et de sketches qui m’ont fait oublier tout mes soucis. Malgré leur succès professionnel, ils sont rigolos comme des pauvres. Rien ne les arrête, même les sujets les plus intimes. « Ça fait quoi de ne plus faire partie de la famille Drucker ? Je me dis que tu dois avoir tous tes dimanches de libre, maintenant », lance Jamel à son compatriote marocain.

Quant à Gad, je ne sais pas comment son cerveau fonctionne mais c’est prodigieux ce qui en sort. Un mec marche dans la rue, il me demande un truc, moi je lui donne l’heure. Monsieur Elmaleh, il t’en fait un sketch à se taper le popotin par terre. Je ronfle, mon frère il a essayé de me tuer dix fois à cause de ça, je fais pleurer ma nana, partagée entre son amour du sommeil et son amour de moi. Gad aussi, il ronfle, mais ça fait rire tout le monde. Et puis son talent de mime, faut voir ça pour le croire. Pendant dix minutes, il a joué un poisson caillera qui raconte à ses amis ses aventures du monde extérieur le jour où il a été péché puis relâché dans l’eau. Ça m’a brisé une côte.

Dans cette salle intime, nous en avons vraiment eu pour notre argent, qu’on a je le précise, gardé dans nos poches. Au milieu du spectacle, un autre grand de l’humour entre en scène : Elie Semoun. Le plancher a brûlé tellement ces trois-là étaient flamboyants. Face à Gad et Elie, deux hilarants enfants d’Abraham, Jamel Debbouze me pique soudain le bouchon de bouteille de mon jus de mangue, et le leur jette dessus pour faire son Palestinien. Ben oui ! Rire de tout, c’est ça qui est bon ! Comme les Nuls et les Inconnus, jadis.

« On fait ce qu’on veut ici, on s’en fout, de toute façon vous n’avez pas payé », nous lance le tôlier. Ces trois-là sur scène, ensemble, je ne sais pas si on reverra ça très souvent. Des moments du président ! La religion, le Moyen-Orient, les trucs bien casses-tronches à aborder quand on est humoriste, avec eux ça passe tout seul, comme un Panzer dans les Ardennes.

La salle a passé la soirée la tête sur la table ou en dessous, pour ceux qui se sont roulés par terre. Gad Elmaleh et Djamel Debbouze en duo, sans vouloir blasphémer, ça vaut presque un Bourvil/Louis de Funès en son temps. Par contre un conseil, ne vous mettez jamais tout devant pendant un spectacle comique, parce que là, après, vous êtes leur victime, leur petit biscuit, vous mettez les mains dans le charbon et vous participez, vous et votre mère si c’est le sujet.

Idir Hocini/ BondyBlog

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