“Médiapart” et “Arrêt sur images” en danger

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Daniel Schneirdermann (© Anthony Morel) et Edwy Plenel (©Charles Platiau/Reuters)
Deux fleurons de la presse en ligne indépendante vivent aujourd’hui des moments difficiles.

Médiapart et Arrêt sur images  se voient contraints de payer au fisc des sommes exorbitantes qui mettent en danger leur existence : respectivement 4,1 millions d’euros pour le pure player d’investigation Médiapart, et 540 000 euros pour le site d’analyse média.

L’affaire n’est pas nouvelle mais elle vient de prendre une tournure dramatique, car les deux sites de presse se sont vu signifier, jeudi 5 novembre 2015, de payer les factures qu’ils contestent. Bien que tous les recours ne soient pas épuisés et que chacun attende son audience devant le tribunal administratif, le fisc réclame le règlement des arriérés de leur combat contre une TVA à 19,6%. Explications.

Médiapart et Arrêt sur images sont nés la même année, en 2008. Pionniers de la presse en ligne, ils sont portés par des journalistes reconnus : Edwy Plenel ancien directeur de la rédaction du Monde, et Daniel Schneidermann connu pour ses critiques dans les quotidiens Le Monde et Libération. Bien que la loi, jusqu’en 2014, obligeait les sites d’information en ligne à appliquer un taux de TVA à 19,6 % (puis à 20 %), les deux fondateurs décident de mener un combat contre cette législation et de n’appliquer qu’un taux de 2,1 % (le taux appliquée à la presse papier).

Par conséquent, en 2013, les pure-players sont visés par un premier redressement fiscal et sont assignés à payer la différence. “A nos yeux, cette distorsion de traitement, entre presse écrite traditionnelle et jeune presse en ligne, était inéquitable. L’État l’a d’ailleurs implicitement reconnu: depuis 2014, le fisc accorde à la presse en ligne le fameux taux réduit de 2,1%” écrit Daniel Schneidermann, rédacteur en chef d’Arrêt sur Images.

Appel aux lecteurs

Mais la loi n’étant pas rétroactive, le fisc réclame les arriérés. Et bien que les procédures au tribunal administratif soient encore en cours de traitement, ne pas payer reviendrait à prendre le risque d’accumuler encore plus d’intérêts à pays. Or ni sites d’information ni Médiapart ne peuvent se permettre de prendre ce risque, sans mettre en danger l’existence même de leurs médias : “Le mauvais coup qui nous frappe vide les caisses de Médiapart,ponctionnant des sommes que nous destinions à la construction de notre indépendance et au développement de notre activité” clame Edwy Plenel, cofondateur de Médiapart.

Dans un souci de transparence, et dans le but d’attirer le soutien de leurs lecteurs, les deux sites de presse ont publié leurs bilans comptables pour donner une idée de la tempête qu’ils traversent. On y apprend qu’Arrêt sur images a provisionné 400 000 euros dans l’attente de ce coup dur, mais que même s’ils parviennent à récolter les 140 000 euros manquants, cela signifierait que les caisses seraient vides.

“Si survient dans notre précaire existence le moindre incident, ce sera le toboggan vers les emprunts bancaires, financement que nous avons toujours réussi à éviter”, expliquent-ils.

Même raisonnement pour Médiapart. Les 4,1 millions d’euros que réclame le fisc seront à ponctionner sur les économies accumulées par l’entreprise depuis sa première année de bénéfices, en 2011, soit 4,7 millions de trésorerie disponibles à ce jour.

“Le mauvais coup qui nous frappe vide les caisses de Mediapart, ponctionnant des sommes que nous destinions à la construction de notre indépendance et au développement de notre activité”, déplore Ewdy Plenel. 

Aussi, les deux pure players en appellent au soutien de leurs lecteurs, sous forme d’appel aux dons pour Médiapart  et de campagne de financement participatif pour Arrêt sur images. Le 5 novembre à 17h, ces derniers avaient déjà récolté plus de 40 000 euros.

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