à Alger, la colère de la jeunesse répond à la candidature de Bouteflika

Les manifestants ont poursuivi leur mouvement jusque tard dans la nuit après l’annonce du dépôt de la candidature du président de 82 ans pour un cinquième mandat.

Par Ali Ezhar Publié aujourd’hui à 08h11, mis à jour à 08h11
A protester holds a sign that reads "No to a fifth term" during the protest against President Abdelaziz Bouteflika's plan to extend his 20-year rule by seeking a fifth term in April elections, in Algiers
Des manifestants brandissent un panneau « non à un cinquième mandat » d’Abdelaziz Bouteflika, le 3 mars à Alger. ZOHRA BENSEMRA / REUTERS

Ils chantent leur « vie de malheur » sous Bouteflika. Et pendant un instant, leur cri de désespoir a même réussi à couvrir le bruit mécanique de l’hélicoptère qui tourbillonne dans le ciel noir algérois. Il est 0 h 20, dans la soirée du dimanche 3 mars, et leur « espoir » refuse de dormir. « Aujourd’hui, aujourd’hui, on va passer la nuit dehors », reprennent comme un seul homme des milliers d’Algériens, pour la plupart des jeunes. De la place Maurice-Audin à la rue Didouche-Mourad, dans le centre-ville, ils ont été des milliers à refuser un cinquième mandat que souhaite briguer Abdelaziz Bouteflika. Mais au-delà du nombre ou de la cause, ce rassemblement est historique : c’est la première fois depuis vingt ans qu’une manifestation se déroule si tard la nuit en plein cœur de la capitale.

Quatre heures plus tôt, la candidature du chef de l’Etat sortant à l’élection présidentielle, prévue le 18 avril, a finalement été déposée au Conseil constitutionnel par son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane ; alors même que cette haute assemblée a rappelé que chaque prétendant à la fonction suprême devait venir en personne remettre son dossier. Mais comment pouvait-il en être autrement ? Le président, victime d’un AVC en 2013, et lourdement handicapé, est actuellement hospitalisé à Genève. « C’est une nouvelle humiliation. Nous sommes encore la risée du monde », enrage Adlane, 41 ans, « cadre dans une entreprise étatique » comme il se présente. « Quelle connerie ! On ne sait même pas s’il est vivant ou mort ? On ne sait même pas qui écrit ses communiqués ? On ne l’a pas vu nous parler depuis des années », fulmine Houari, 20 ans.

« Je pensais qu’il y avait un espoir »…

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