« PAS D’ALTERNATIVE : DROIT D’ASILE, OU BARBARIE »

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Camp des réfugies et migrants à Idomenis, sur la frontière entre la Grèce et la Macédoine / AFP / DANIEL MIHAILESCU | DANIEL MIHAILESCU / AFP

 

Nous citoyens des pays membres de l’Union Européenne, de la zone Schengen, des Balkans et de la Méditerranée, du Moyen-Orient ainsi que d’autres régions du monde qui partagent nos préoccupations, lançons un appel d’urgence à nos concitoyens, à nos gouvernants et à nos représentants dans les assemblées parlementaires nationales et au Parlement européen, ainsi qu’a la Cour européenne des droits de l’homme et au Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés.

Depuis des années, les migrants du Sud de la Méditerranée fuyant la misère, la guerre et la répression se noient en mer ou se fracassent contre les grillages. Quand ils réussissent à traverser, après avoir été rançonnés par des filières de trafiquants, ils sont refoulés, incarcérés ou rejetés dans la clandestinité par des États qui les désignent comme des « dangers » et commodes « ennemis ». Et pourtant, courageusement, ils s’obstinent et s’entraident pour sauver leurs vies et retrouver un avenir.

Mais depuis que les guerres du Moyen-Orient et surtout de Syrie ont pris les proportions d’un massacre de masse sans fin prévisible, la situation a changé de dimension. Prises en otage entre les belligérants, bombardées, affamées, terrorisées, des populations entières sont jetées dans un exode périlleux qui, au prix de milliers de morts supplémentaires, précipite hommes, femmes et enfants vers les pays voisins et vient frapper aux portes de l’Europe.

GOUVERNEMENTS RÉTICENTS

L’incapacité où sont les gouvernements de tous nos pays de mettre fin aux causes de l’exode (quand ils ne contribuent pas à les aggraver) ne les exonère pas du devoir de secourir et d’accueillir les réfugiés en respectant leurs droits fondamentaux, qui sont inscrits avec le droit d’asile dans les déclarations et les conventions fondant le droit international.

À quelques exceptions près cependant – l’initiative exemplaire de l’Allemagne – qui n’a toujours pas été suspendue à ce jour – d’ouvrir ses portes aux réfugiés syriens ; l’effort gigantesque de la Grèce pour sauver, accueillir etconvoyer les milliers de rescapés qui chaque jour accostent sur ses rivages, alors que son économie a été plongée dans une austérité dévastatrice ; la bonne volonté démontrée du Portugal pour recueillir une part des réfugiés stationnant en Grèce – les gouvernements européens se sont refusés à prendre la mesure de la situation, à l’expliquer à leurs opinions publiques et à organiser la solidarité en dépassant les égoïsmes nationaux. Au contraire, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, ils ont rejeté le plan minimal de répartition des réfugiés élaboré par la Commission, ou se sont employés à le saboter. Pire, ils se sont engagés dans la répression, la stigmatisation, le comportement brutal avec des réfugiés et des migrants en général. La situation de la « jungle » de Calais, suivie maintenant de son démantèlement par la force, au mépris de la lettre et de l’esprit d’une décision de justice, en est une illustration scandaleuse, mais non la seule.

DES AIDES CITOYENNES

Par contraste, ce sont les simples citoyens d’Europe et d’ailleurs : pêcheurs et habitants de Lampedusa et de Lesbos, militants des associations de secours aux réfugiés et des réseaux de soutien aux migrants, foyers d’hébergement laïque ou religieux, relayés par des artistes et des intellectuels, qui ont sauvé l’honneur et montré la vois d’une solution. Ils se heurtent cependant à l’insuffisance des moyens, à l’hostilité parfois violente des pouvoirs publics, et doivent faire face, comme les réfugiés et les migrants eux-mêmes, au développement rapide d’un front européen de la xénophobie, allant d’organisations violentes, ouvertement racistes ou néofascistes, jusqu’à des leaders politiques « respectables » et des gouvernements de plus en plus gagnés par l’autoritarisme, le nationalisme et la démagogie. Deux Europes totalement incompatibles sont ainsi face à face, entre lesquelles il faut désormais choisir.

Alors qu’il y a dans le monde 60 millions de réfugiés, le Liban et la Jordanie en accueillent un million chacun (respectivement 20 % et 12 % de leurs populations), la Turquie 2 millions (3 %). Le million de réfugiés arrivé en 2015 en Europe (l’une des plus riches régions du monde, en dépit de la crise) ne représentent que 0,2 % de sa population ! Non seulement les pays européens, pris ensemble, ont les moyens d’accueillir les réfugiés et de les traiterdignement, mais ils doivent le faire pour continuer à se réclamer des droits de l’homme en tant que fondement de leur constitution politique. C’est aussi leur intérêt s’ils veulent commencer à recréer, avec tous les pays de l’espace méditerranéen qui participent de la même histoire et des mêmes héritages culturels depuis des millénaires, les conditions d’une pacification et d’une vraie sécurité collective. Et c’est la condition pour que le spectre d’une nouvelle époque de discriminations organisées et d’élimination des humains « indésirables » recule pour de bon au-delà de notre horizon.

Nul ne peut dire quand et dans quelle proportion les réfugiés retourneront « chez eux », et nul ne doit sous-estimer la difficulté du problème à résoudre, les résistances qu’il engendre, les obstacles voire les risques qu’il comporte. Mais nul ne peut ignorer non plus la volonté d’accueil des populations et la volonté d’intégration des réfugiés. Nul n’a le droit de déclarer le problème insoluble pour mieux s’y dérober. Le devoir d’assistance aux réfugiés du Moyen Orient et d’Afrique dans le cadre d’une situation d’exception doit être proclamé et mis en œuvre par les instances dirigeantes de l’UE et relayé par tous les pays membres. Il doit être consacré par les Nations Unies et faire l’objet d’une concertation permanente avec les États démocratiques de toute la région.

Des forces civiles et militaires doivent être engagées, non pour mener une guérilla maritime contre les « passeurs », mais pour porter secours aux migrants et arrêter le scandale des noyades en mer. C’est dans ce cadre qu’il faut éventuellement réprimer les trafics et condamner les complicités dont ils bénéficient. Car c’est l’interdiction de l’accès légal qui engendre les pratiques mafieuses et non l’inverse. Le fardeau des pays de premier accueil, et notamment la Grèce, doit être immédiatement allégé. Leur contribution à l’intérêt commun doit être reconnue. Leur isolement doit être dénoncé et renversé en solidarité active.

La zone de libre circulation de Schengen doit être préservée, mais les accords de Dublin qui prévoient le refoulement des migrants vers le pays d’entrée doivent être suspendus et renégociés. L’UE doit faire pression sur les pays danubiens et balkaniques pour qu’ils rouvrent leurs frontières, et négocier avec la Turquie pour qu’elle cesse d’utiliser les réfugies comme alibi politico-militaire et monnaie d’échange. Dans le même temps, des moyens de transportaériens et maritimes doivent être mis en œuvre pour transférer tous les réfugiés recensés comme tels dans les pays du « Nord » de l’Europe qui peuvent objectivement les recevoir, au lieu de les laisser s’accumuler dans un petit pays qui menace de devenir un immense camp de rétention pour le compte de ses voisins.

À plus long terme, l’Europe – confrontée à l’un de ces grands défis qui changent le cours de l’histoire des peuples – doit élaborer un plan démocratiquement contrôlé d’aide aux rescapés du massacre et à ceux qui leur portent secours : non seulement des quotas d’accueil, mais des aides sociales et éducatives, des constructions de logements décents, donc un budget spécial et des dispositions légales garantissant les droits nouveaux qui insèrent dignement et pacifiquement les populations déplacées dans les sociétés d’accueil.

Il n’y a pas d’autre alternative que celle-ci : hospitalité et droit d’asile, ou barbarie !

Sont notamment signataires :

Michel Agier, anthropologue, EHESS ; Etienne Balibar, philosophe et sociologue, Université de Paris-Ouest – Nanterre La Défense ; Judith Butler, philosophe, University of California – Berkeley ; Patrice Cohen-Séat, membre de la direction nationale du Parti Communiste ; Etienne Tassin (philosophe, Université Paris Diderot) ; Frieder Otto Wolf, philosophe, Freie Universität Berlin.

Par Collectif

Le Monde

10 chiffres pour comprendre pourquoi l’Algérie a peur d’une crise sociale majeure

petrole-algerie_bloc_article_grande_image.jpg© Sven Torfinn/PANOS-REA

L’ex-bon élève du Maghreb qui cumulait excédent commercial, croissance soutenue et faible endettement voit sa situation se détériorer à toute allure du fait de l’effondrement des cours du pétrole. Avec un baril à 110 dollars, l’Algérie pouvait financer un Etat-providence qui achetait la paix sociale dans ce pays où près de 30% des jeunes sont au chômage. A 35 dollars, elle est contrainte de tailler dans les subventions des produits de base, de relever le prix de l’essence et de l’électricité, d’imposer des quotas d’importations. Le gouvernement redoute une crise sociale majeure.

96%: L’économie de l’Algérie repose depuis des décennies sur le gaz et le pétrole qui représentent 96% de ses exportations, près de la moitié de son PIB et 60% des recettes budgétaires de l’Etat. Autant dire que l’effondrement des prix est une catastrophe. Les revenus pétroliers du pays ont chuté de 70% depuis l’été 2014 a rappelé dans un communiqué le président Bouteflika la semaine dernière avant d’avertir ses concitoyens qu’ils allaient devoir affonter des temps difficiles. L’Algérie est un des pays les plus touchée par cet effondrement avec le Vénézuela et la Russie.

750 milliards de dollars: ce sont les rentrées colossales générées par les exportations de pétrole et de gaz entre 1999 et 2014. L’Algérie est le cinquième pays producteur de gaz et le 13ème producteur de pétrole. Problème, cette manne a très peu été investie dans le développement de l’économie nationale : elle a surtout servie à acheter la paix sociale en finançant des produits de première nécessité comme le lait , le sucre, la farine ou  l’électricité et des augmentations de salaire versés aux fonctionnaires et employés des entreprises publiques.

+40%: l’augmentation du prix de l’essence depuis le 1er janvier est liée à la réaction du gouvernement qui n’a plus les moyens de subventionner des dizaines de produits, ce qui était pour lui le moyen de soutenir le pouvoir d’achat des Algériens. Un pouvoir d’achat déjà amputé par l’affaiblissement de la monnaie, le dinar qui a baissé de 15% en un an par rapport à l’euro. Le gouvernenement a aussi decidé de tailler dans les grands projets d’infrastructures, en reportant des chantiers de nouvelles autoroutes et des créations de lignes de tramway dans plusieurs villes. Tant pis pour le chômage qui grimpe.

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Patrick Chabert © Capital.fr

Lab créatif: YouTube Rewind 2015

YouTube Rewind

L’histoire

Le YouTube Rewind 2015 est sorti ! Toujours plus fun, toujours plus pop, il rejoue l’année 2015 avec plus de 150 YouTubeurs du monde entier. Mention spéciale pour nos Frenchies Cyprien, Andy Raconte, Squeezie et Norman !

Participez au rembobinage en mode décalé des vidéos les plus vues sur YouTube en 2015 et dansez sur 6 minutes 30 de Cheerleader, Lean On ou encore le remix d’Avicii !

 

Think with Google

 

 

IMMIGRÉS, LES INVISIBLES D’ALGÉRIE

Plus de 100 000 migrants subsahariens vivraient actuellement sur le sol algérien. Entre petits boulots et discriminations au quotidien, ils tentent, dans la clandestinité, de se reconstruire une vie, renonçant parfois à leurs rêves de l’eldorado européen.

TEXTE Charlotte Bozonnet
PHOTOS Bachir Belhadj pour Le Monde

On a mis des tapis au sol et de grands rideaux dorés qui coupent la pièce en deux et isolent le coin nuit. Une balancelle en plastique pour les enfants coincée à côté d’une petite table de cuisine. Tout pour faire oublier qu’on est ici dans un garage. Il commence d’ailleurs à y faire froid en cette fin novembre. Assis dans un fauteuil, John* promet de trouver une solution avant que la température ne chute trop. Il invite aussi le visiteur à ne pas parler trop fort. Seul un store en bois sépare la pièce de la rue.

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A « Coca », quartier populaire de la périphérie d’Oran, deuxième ville d’Algérie, mieux vaut ne pas se faire remarquer, surtout quand on est noir et sans papier. John, père de famille d’une trentaine d’années, arrivé du Liberia en 2010, vit ici avec sa femme Gloria et leurs deux petits enfants, de 4 et 2 ans, tous les deux nés en Algérie. Entre 2008 et 2010, John avait franchi à cinq reprises la frontière algérienne, mais il avait été à chaque fois refoulé. Depuis le conflit au Mali, l’Algérie ne renvoie plus systématiquement les clandestins dans le désert.

Ce garage glacial, ils le sous-louent 15 000 dinars (environ 130 euros). « On fait des petits boulots en clando, mais on n’a pas de papiers, donc on n’a pas le droit de travailler, pas le droit de louer un logement », explique John. Ce qui ennuie le plus le couple, ce sont les enfants qui ne vont pas à l’école. Dans le garage aménagé, ils tournent en rond, surexcités, gribouillent sur un calepin. « Tu peux passer vingt ans ici, tu en seras au même point, comme si tu venais d’arriver », soupire-t-il.

Une étape sur le chemin de l’exil

Pays d’émigration, l’Algérie a longtemps renvoyé les images des harragas, ces jeunes Algériens partant clandestinement en barque pour gagner l’Europe. Si le phénomène n’a pas disparu, il a diminué. Le retour à la paix après une décennie de guerre civile dans les années 1990, l’augmentation du nombre de visas pour la France et les contrôles des autorités y ont contribué. Le pays est en revanche devenu depuis quelques années une étape pour de nombreux migrants subsahariens. Combien sont-ils ? Si les autorités avancent le chiffre de 20 000 clandestins, les associations de terrain parlent, elles, de plus de 100 000 ressortissants subsahariens sur le sol algérien.

Partis du Cameroun, du Nigeria, du Mali ou de Côte d’Ivoire, avec l’objectif de se rendre en Europe, ils ont posé leurs valises en Algérie. Ils y resteront quelques mois ou quelques années, le temps de reconstituer un petit pécule pour poursuivre leur voyage. Parfois ils renoncent, découragés par les difficultés. A Oran, ils seraient 4 000. La ville est prisée : réputée plus ouverte que le reste du pays, elle se trouve aussi sur la route qui mène à la localité de Maghnia, à la frontière avec le Maroc. De là, il s’agit d’atteindre le sol européen soit en franchissant la barrière des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, soit en prenant la mer, à ses risques et périls.

Irène, elle, est partie de Douala il y a six ans. Cette jeune femme volontaire a quitté le Cameroun une maîtrise de droit en poche avec l’idée de trouver un emploi en Europe. Elle a pris la route après avoir vendu toutes ses affaires. Première étape : le Nigeria – Lagos, Kano – , puis le Niger – Maradi et Zinder, au sud, avant Agadez aux confins du Sahara et du Sahel. « C’est là que tout se passe, raconte-t-elle aujourd’hui avec des mots choisis. Lorsque tu arrives à la gare, il y a beaucoup de monde, on te demande tout de suite où tu veux aller. » Après une semaine d’attente, elle est embarquée sur un camion, direction Arlit, la cité minière du nord du Niger. A court d’argent, elle vend son téléphone portable et sa valisette pour 7 000 dinars. Le reste du voyage se fait en 4 × 4 jusqu’à Tamanrasset, dans le Sud algérien. « En réalité, on te laisse à plusieurs kilomètres, dans le désert, et tu te guides avec les lumières de la ville. »

Irène restera là une dizaine de jours jusqu’à ce qu’un Nigérian, impliqué dans le trafic des clandestins, lui propose de travailler à Alger pour l’un de ses frères qui cherche quelqu’un parlant français. « En arrivant, j’ai vite compris que j’étais tombée dans une sorte de mariage. J’ai cédé, avoue-t-elle. Lorsque tu es une femme dans un monde inconnu, le seul refuge est de se mettre en couple. Etre avec un homme qui prenne soin de toi. »Irène finira par quitter Alger et gagner Oran où elle aide aujourd’hui les migrants qui arrivent.
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Le nombre des enfants palestiniens dans les prisons israéliennes a doublé

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Des enfants palestiniens passant devant les forces israéliennes à un check-point de Jérusalem, en novembre.
(Mahfouz Abu Turk/APA Images)

 

Marah Bakir, 16 ans, sortait de son école, dans le quartier de Sheikh Jarrah dans Jérusalem-Est occupée, quand elle fut prise pour cible par la police israélienne et blessée. Les policiers prétendent qu’elle avait l’intention de poignarder un officier.

Cependant, le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR) rapporte que Marah était en train de se promener avec une amie, quand elles ont été harcelées par un Israélien qui l’a accusée d’être une « terroriste ». Des témoins affirment que la police l’a aussitôt entourée et ouvert le feu, à quatre ou cinq reprises.

Marah est maintenant l’une trois adolescentes palestiniennes détenues dans la prison de Ramle, avec d’autres femmes déclarées coupables de délits.

 

Des cellules répugnantes

Le groupe palestinien pour la défense des prisonniers palestiniens, Addameer, affirme que le maintien de ces jeunes filles dans cette prison équivaut à une torture psychologique, car elles sont isolées des autres prisonnières politiques palestiniennes, détenues dans la prison d’Hasharon.

Les jeunes filles vivent dans une peur constante et évitent de dormir, dit le groupe. Toutes les trois sont détenues dans une cellule répugnante, avec deux lits superposés, une couverture et un matelas.

Les gardiens du service pénitentiaire d’Israël ont confisqué leurs vêtements chauds et leurs foulards, et ils les laissent enchaînées durant leur moment de détente, affirme Addameer, dont les avocats leur ont rendu visite.

Addameer rapporte que ni Marah ni Istabraq Nour, 14 ans, dans la même cellule, n’ont reçu le suivi médical indispensable à leurs blessures par balles.

Istabraq a été victime de tirs le mois dernier, et elle est détenue depuis. Israël a prétendu qu’elle avait l’intention de s’infiltrer, avec un couteau, dans le fief extrémiste israélien d’Yitzhar, une colonie en Cisjordanie occupée.

 

Un nombre d’arrestations qui monte en flèche

Les mineurs représentent environ un cinquième des 2000 Palestiniens qu’Israël détient depuis l’escalade de la violence, début octobre. Les enfants palestiniens de Jérusalem-Est occupée en constituent une grande partie.

Avec la brusque montée des arrestations, le nombre d’enfants palestiniens en détention israélienne a doublé, montant à 307 à la fin octobre, contre 155 fin août.

Alors que les enfants qui vivent sous le régime militaire israélien dans la plus grande partie de la Cisjordanie occupée sont depuis longtemps privés de leurs droits élémentaires, ceux de Jérusalem-Est sont, officiellement, soumis aux mêmes lois et système judiciaire civils que les citoyens israéliens, et ont accès au système de l’assurance nationale d’Israël.

Mais les groupes des droits de l’homme ont fait connaître une détérioration tant dans leur traitement que dans les conditions de la détention israélienne.

Pour pouvoir contenir le grand nombre d’enfants qu’il arrête, Israël a ouvert une aile supplémentaire pour les mineurs palestiniens, à la prison de Givon en octobre.

Selon Rafat Sub Laban, d’Addameer, il y a à peu près 75 enfants à Givon, venant pour la plupart de Jérusalem.

L’établissement dispose d’un maximum de 12 cellules, chacune ayant six lits, ce qui veut dire que même Givon se trouve à pleine capacité.

Comme The Electronic Intifada le rapportait le mois dernier, les conditions dans cette prison sont épouvantables.

Les avocats des groupes des droits de l’homme, notamment le Comité public contre la torture en Israël (PCATI), Addameer, et Défense internationale des enfants – Palestine (DCI-Palestine), ont tous recueilli des témoignages d’enfants qui déclarent avoir été battus, privés de nourriture convenable et détenus dans des cellules moisies et glaciales.

Les enfants ont dit à l’avocat d’Addameer, lors de l’une de ses visites le 3 décembre, qu’ils souffrent de cauchemars, de troubles de sommeil et qu’ils sont soumis à des coups, des menaces et des privations de sommeil.

Comme dans les cas de Marah Bakir et Istabraq Nour, certains enfants à Givon ne reçoivent aucun des soins qui leur sont nécessaires.

Sub Laban, d’Addameer, a déclaré à The Electronic Intifada, que normalement, il y a un adulte palestinien affecté à chaque prison pour enfants palestiniens, afin de servir d’agent de liaison avec les autorités pénitentiaires. Mais il n’en existe pas à Givon.

Lire la suite de cet article de la journaliste Charlotte Silver d’Electronic Intifada publié sur le site de l’Agence.

Quand les djihadistes détournent le sens d’une photo du 13 Novembre

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On le sait, le groupe Etat islamique est passé maître dans l’utilisation, et le détournement, des codes de notre société au profit de son idéologie djihadiste. Il vient d’en donner un nouvel exemple, en montrant au passage comment il lit ce que nous percevons comme des forces de notre société : des faiblesses à exploiter.

En une du numéro 7 de son magazine en français Dar al Islam, l’EI a utilisé l’une des photos les plus symboliques de la période que vient de vivre la France, après les attaques du 13 novembre : on y voit deux policiers se laissant aller à un moment d’émotion, pleurant dans les bras l’un de l’autre, rue de la Fontaine-au-Roi (XIe), l’un des sites attaqués par les djihadistes.

La photo a été prise par le photojournaliste indépendant Benjamin Filarski, qui l’a postée ce soir-là sur Twitter.

Elle a fait rapidement le tour de la Toile, et est devenue l’un des symboles de la tristesse, de la compassion et de la solidarité ressenties ce soir-là par tous les Français, qu’ils soient policiers ou simples citoyens.

La plupart des Français, et sans doute des Occidentaux, auront vu cette photo comme un moment d’émotion collective, comme un signe d’humanité y compris chez des hommes qui ne sont pas censés montrer leurs sentiments dans leur fonction.

Mais pour les djihadistes, le fait que des policiers pleurent est la preuve que, comme le dit le titre de leur magazine, « la France est à genoux ».

Lires la suite…rue89.nouvelobs.com-

Algérie: la condamnation du général Hassan largement dénoncée

Le général Hassan, l’ex-chef de la lutte antiterroriste en Algérie, a été condamné à cinq ans de prison ferme jeudi soir pour insubordination et destruction de documents. Il s’est pourvu en cassation. Mais cette sanction étonne parce que le général est l’un des militaires les plus décorés du pays. La décision du tribunal a aussi provoqué la colère de plusieurs personnalités.

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Les commentaires politiques sur les affaires militaires restent habituellement discrets. Mais cette fois, Ali Benflis a envoyé un communiqué dans lequel il dénonce l’instrumentalisation de la justice. L’ancien proche d’Abdelaziz Bouteflika, candidat à l’élection présidentielle de 2014, écrit : « Une épuration politique pour crime de non-allégeance est en cours dans notre pays ».

Autre réaction, celle du général Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense, homme fort de l’Algérie pendant les années 1990. Pour lui, le jugement est sévère, la condamnation criminelle. « Il est curieux, ajoute-t-il, que ce procès intervienne à ce moment précis où des turbulences sont constatées au plus haut sommet de l’Etat. »

Un mystérieux trafiquant témoin à charge

Enfin, samedi, les avocats du général Hassan ont raconté aux médias le déroulement de l’audience. Selon eux, un trafiquant visé par plusieurs mandats d’arrêt a été convoqué comme témoin à charge. Alors que le général Toufik, ex-chef des services de renseignement et supérieur hiérarchique du général Hassan, n’a pas été convoqué par le procureur, malgré les demandes de la défense.

Les avocats résument : « Le général Hassan est une victime collatérale de la guerre des clans ».